Magellan et Elcano

La première circumnavigation de la terre de l’histoire fut commencée sous le commandement du navigateur portugais Fernand de Magellan et menée à son terme par Juan Sebastián Elcano à bord du navire Victoria.

Titre en plein écran : ANTÉCÉDENTS

Historiquement, cette aventure fait suite à la prise de Constantinople par l’Empire ottoman en 1453, un événement qui a marqué la fermeture de la Route de la soie au monde occidental et la fin du commerce avec l’Orient par la Méditerranée.

L’Espagne et le Portugal se lancent alors à la recherche d’une autre route maritime. Les Portugais longent le continent africain, à la recherche des îles aux épices, autrement dit, les îles Moluques. Grâce à ces efforts, en 1498, le Portugais Vasco de Gama arrive en Inde.

Tandis que les Portugais font déjà le commerce des épices, la Castille poursuit sa progression en Amérique et cherche un passage pour aller de l’Atlantique vers la nouvelle mer, l’océan Pacifique, découverte par Nuñez de Balboa.

Le navigateur Fernand Magellan propose au roi d’Espagne Charles Ier le projet d’atteindre les îles aux épices en naviguant vers l’ouest. Ce dernier le finance afin d’étendre sa domination.

Cette expédition n’a pas pour but de faire le tour du monde. Magellan souhaite, en réalité, trouver une nouvelle route et démontrer à qui appartiennent les îles aux épices selon le Traité de Tordesillas.

Titre en plein écran : LE VOYAGE

Le 10 août 1519, cinq navires de 239 hommes à leur bord larguent les amarres à Séville et font escale à Sanlúcar de Barrameda puis à Ténériffe pour se réapprovisionner et se lancer dans cette aventure en haute mer. 

Les biscuits, les gâteaux et le vin constituent la base de leur alimentation. Ils transportent également des animaux vivants tels que des vaches et des porcs.

Le voyage comporte de nombreux dangers, car ils n’ont pas de cartes de navigation et tentent de trouver un passage vers l’océan Pacifique.

Ils subissent plusieurs jours de calme plat, durant lesquels rien n’avance et qui leur fait perdre espoir. S’en suit une période de mauvais temps, et avec, la crainte de faire naufrage.

Le chroniqueur Pigafetta raconte qu’ils ont été témoins du phénomène du feu de Saint-Elme, qui se caractérise par l’apparition d’une lumière intense au sommet des mâts des navires. Terrifiés, implorant la pitié, ils l’ont interprété comme un signe divin.

Environ quatre mois après leur départ, ils aperçoivent enfin la terre et atteignent les côtes de l’actuelle ville de Rio de Janeiro.

Texte à l’écran : L’EXTRÊME SUD

La flotte atteint le Río de la Plata et longe la côte américaine vers le sud. L’équipage décide de faire escale cinq mois dans la baie de San Julián où la nourriture est rare et où l’hiver est rude.

Le désespoir fait éclater une mutinerie que Magellan réprime durement. Il ordonne d’arrêter et d’exécuter Gaspar de Quesada et Luis de Mendoza et abandonne sur le rivage Juan de Cartagena et le prêtre Pedro Sánchez de la Reina. Après la rébellion, le navire San Antonio abandonne l’expédition et retourne en Espagne.

Le navire Santiago fait naufrage à cause d’une brèche, mais les autres navires Concepción, Trinidad et Victoria réussissent à trouver le passage allant de l’Atlantique vers le Pacifique, connu sous le nom de détroit de Magellan, le 28 novembre 1520.

C’est une traversée pleine de dangers, le navire risquant à tout moment d’échouer. Ils réussissent cependant à les éviter et atteignent l’océan qu’ils appellent « Pacifique », car il est particulièrement calme ce jour-là.

Titre en plein écran : DANS LE PACIFIQUE

Durant la traversée de cet océan qui dure trois mois, l’équipage est décimé par la faim et le scorbut, et finit par manger des rats et le cuir des mâts.

Ils atteignent les actuelles îles Philippines, et le 27 avril 1521, Magellan est tué à Mactan lors d’un affrontement avec les insulaires.

Après de nombreuses péripéties, le navire Victoria, le seul ayant survécu à l’expédition, continue de naviguer jusqu’aux îles Moluques, l’objectif du voyage. Là-bas, ils chargeront le navire des épices tant convoitées, en particulier des clous de girofle, qu’ils vendront très cher à leur retour en Espagne.

Juan Sebastián Elcan est nommé capitaine par l’équipage pour le voyage retour. C’est alors qu’Elcano décide de rentrer en Espagne, non pas par l’océan Pacifique, mais par l’océan Indien, faisant ainsi le premier voyage autour du monde et démontrant que la terre est ronde.

De crainte d’être capturés par les Portugais, ils naviguent toujours très loin des côtes africaines, souffrant de la faim et traversant de grandes tempêtes.

Après une ultime péripétie avec les Portugais au Cap-Vert, le 6 septembre 1522, le navire Victoria arrive à Sanlúcar de Barrameda, à Cadix. De là, il sera remorqué jusqu’à Séville, avec sa précieuse cargaison d’épices qui aura largement couvert les frais de l’expédition, faisant de lui le premier navire de l’histoire à faire le tour du monde.

Juan Sebastián Elcano et ses hommes ont traversé les trois plus grands océans de la planète, parcourant quelque 70 000 km.

Parmi les hommes ayant quitté Séville, seuls 18 sont rentrés à bord du navire Victoria.

Après cette aventure, Elcano fait un résumé éloquent de son exploit à l’empereur :

« Que Votre Majesté daigne estimer à sa valeur que nous avons découvert et fait le tour de la terre dans toute sa rondeur, et que partis vers l’ouest, nous sommes revenus vers l’est. »

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